30 Avr De l’exigence naît l’abandon…

Cette fin d’après-midi là Il l’avait passée à construire un banc à fessées. Et le soir venu Il avait désiré que nous le testions.

Je m’étais installée confortablement sur le meuble fabriqué des mains de mon Maître pour une séance que j’attendais aussi avec beaucoup d’envies. Ce besoin de remettre mon corps aux volontés du sadisme de celui à qui j’appartiens était encore là, lancinant. Telle une pulsion irrépressible, je souhaitais qu’Il me meurtrisse, me marque, me fasse mal. Je voulais Lui offrir cette satisfaction de ne pas avoir à se réfréner de peur de me briser. Je voulais être forte et aller au-delà de ce que je suis capable d’endurer. J’aimerais parfois être plus résistante, plus endurante, mais le principe de réalité rattrape souvent le fantasme de m’abandonner au delà de mes limites…

Il avait commencé par les martinets, et rapidement j’avais eu envie qu’Il change d’instruments, qu’Il me fouette durement. Mais ce n’était pas Son projet à priori. Je patientais donc et tentais de ne pas manifester cette envie car ce n’est pas à moi de décider, je dois me plier à ce qu’Il souhaite Lui. Mais je ressentais un fourmillement là dans le pied gauche, puis là dans l’épaule, et donc je bougeais, ce qui agaça mon Maître profondément. Il me veut immobile lors des séances. Il aime me voir tendre mon cul pour venir chercher le fouet ou à l’inverse voir ma jambe se relever quelques secondes lorsque la douleur est telle qu’elle est presque insupportable avant de me remettre très vite en position. Mais Il déteste me voir gigoter, chercher ma place, bougeoter sans aucune raison apparente. Il est exigeant et je Lui en suis reconnaissante. Je n’aimerais pas savoir que je pourrais me comporter à ma guise lors d’une séance sans que cela n’ait de conséquence. Je n’aimerais pas qu’Il soit conciliant ou compréhensif là où il n’y a pas à l’être. Je n’ai pas envie d’avoir la sensation de pouvoir moi-même choisir. C’est pour ma part incompatible avec le don de moi. Si je sentais une marge de manœuvre, une possibilité de guider la séance moi-même je n’arriverais pas à lâcher prise et m’en remettre à Lui pleinement, je le sais.

Son mécontentement ne se fit pas attendre, Il me reprit sévèrement « Arrête de bouger Carla! », et je ne sais pas ce qui me prit mais je me retournai pour Le voir et Lui répondis « mais c’est trop répétitif avec les martinets, presque ennuyeux ». À peine les mots étaient sortis de ma bouche que je savais l’erreur que je venais de commettre. Son visage se ferma et Il fouilla dans Sa mallette. « En position esclave! ». Puis Il commença à me torturer de Sa badine, frappant durement sur l’arrière de mes cuisses et sur les bleus encore douloureux de la séance conduite trois jours auparavant. Je ne pus réfréner des mouvements incontrôlables relevant brusquement mon buste du banc tant la douleur était cinglante et vive. Il alla alors chercher les pinces à seins et me les posa en faisant passer la chaine qui les relie sous le banc, ainsi j’étais immobilisée. Si je me relevais, je m’arracherais les pinces et je doute que mes tétons en seraient sortis indemnes. Il est ainsi, Il aime ajouter de la difficulté, des petites contraintes supplémentaires pour que je me contrôle toujours plus. Quand je sentis le fouet s’abattre sur mon dos je compris qu’Il n’irait pas en douceur. Je compris qu’Il allait me pousser là où je Lui serai reconnaissante de m’emmener. Il me fouetta durement le dos, les cuisses et le cul. Je voulais parfois me relever mais heureusement mon cerveau avait bien enregistré qu’il était préférable de ne pas le faire et qu’il me fallait endurer. J’encaissais les coups les uns après les autres. Il n’était pas doux, Il ne cherchait pas à me faire monter crescendo pour atteindre le subspace. Non, Il me fouettait pour me faire mal je le sentais plus que tout. Les larmes étaient arrivées très vite, irrépressibles. Incontrôlables. Elles coulaient sans que je ne puisse les retenir. Ces larmes que j’attends si souvent mais qui ne viennent pas. Ces larmes qui ont pour moi une saveur particulière justement parce que je ne les offre que très rarement. Elles sont ce que je peux donner de plus profond à mon Maître. Elles sont le témoin de mon abandon total et inconditionnel. Je pleurais sans discontinuité en silence, comme à mon habitude. Juste quelques sanglots étaient parfois perceptibles. Hormis cela, je n’étais seule le flot de larmes qui ne cessaient de rouler le long de mes joues étaient observables. Je pleurais et Il me disait de Sa voix grave et dure qu’Il voulait voir le fouet marquer ma peau. Qu’Il voulait laisser les traces de Son passage sur ma peau. Qu’Il voulait me faire mal. Je Lui étais reconnaissante de me mener jusque là mais je Lui étais encore plus reconnaissante de poursuivre malgré mes pleurs continus et de me faire aller plus loin encore. Je détesterais qu’Il s’arrête à la moindre petite larme par compassion. Mon Maître n’arrêtera que lorsque Lui en aura assez. Que lorsqu’Il aura pu ressentir ce qu’Il avait envie de ressentir. Et je L’en remerciais intérieurement plus que jamais. J’aime Sa dureté, Son intransigeance et Sa détermination à ne vouloir répondre qu’à Ses envies à ce moment même. Il ne me domine pas pour me faire plaisir et dans les limites que je Lui aurais fixé. Il me domine pour Son plaisir et selon la ligne de mire qu’Il s’est donné. C’est bien cette rigueur et cette sévérité qu’Il m’impose qui m’amène toujours plus à Lui. Toujours plus loin. Toujours plus soumise. Plus offerte encore. C’est ce qui fait que je suis autant Sienne. Car, de Son exigence, naît mon abandon.

Lorsqu’Il fût rassasié de meurtrir mon corps, Il me donna un dernier coup de fouet. Un coup si cinglant que je ne pus réfréner un cri. « C’est fini Carla, c’était le dernier ». Il s’approcha de moi et me libéra les seins, la douleur était violente et perçante mais j’étais dans un état second et ne la ressentis sûrement pas à la hauteur de ce qu’elle était. Il me releva, me prit dans Ses bras et m’embrassa les cheveux. Je versais les dernières larmes qui me restaient, la tête posée sur Son torse, ma respiration à l’unisson avec la Sienne. Un moment d’une telle intensité, d’une telle profondeur, que je peine à la décrire. Un moment d’éternité. Puis je m’agenouillai. Il me tendit Sa main et je la Lui baisai délicatement Lui soufflant mon rituel « merci Maître ». L’émotion me regagnait mais cette fois je réfrénais mes pleurs, comme à mon habitude. C’était fini…

Cette fois là Il ne me prit pas, Il n’utilisa pas mon corps pour jouir, Il ne me baisa pas. J’avoue ne pas l’avoir compris et même avoir été atteinte par ce manque d’intérêt de mon Maître pour mon corps comme lieu de jouissance. Peut-être n’avais-je pas été à la hauteur de ce qu’Il voulait? Peut-être n’étais-je pas assez désirable à Ses yeux? Quoiqu’il en soit je me résignait et c’est avec ces questions dans la tête que je m’endormis cette nuit là. Mes doutes, moi et ma résignation. Car je ne choisis pas et que c’est ainsi.

Ce lendemain matin là en regardant mon corps je vois le tableau qu’Il a créé de Ses mains, du bout de Ses instruments. Et je ressens une profonde fierté d’être Sienne. Et lorsqu’Il regarde Son oeuvre et qu’Il me chuchote que je suis belle ainsi marquée, qu’Il est fier de moi, alors à cet instant je suis si heureuse que je pleure d’émotion au fond de moi-même.

Carla.

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